🍋 Opération d'un parent âgé : ce qu'il faut préparer avant la sortie, et que personne ne prévoit
Ce qui met le plus de temps à revenir, après une immobilisation même courte, ce n'est presque jamais l'articulation opérée.
Lire le guideVotre parent ne répond pas au téléphone et le croit cassé ? Il n'a peut-être pas oublié : il est noyé. Quatre applications sur l'écran d'accueil, et le volume.
Yvan Keyna · Publié le 2 novembre 2026

Avant de chercher un autre moyen de le joindre, simplifiez le téléphone qu'il a déjà : quatre applications sur l'écran d'accueil, les autres retirées de cet écran, et les deux boutons du volume qu'il sait utiliser. Votre parent n'a peut-être pas oublié comment s'en servir : il est noyé sous les informations.
Question 1
« Bien sûr, elle pense que son téléphone est cassé. » C'est une petite-fille qui écrit, à propos de sa grand-mère de 83 ans.
Depuis quelques mois, sa grand-mère vit dans une résidence pour personnes âgées, et elle s'y plaît. Mais elle ne répond plus à 80 % des appels et des messages : elle ne sait plus comment faire.
La famille vient la voir sans avoir pu prévenir, et trouve sa chambre vide : elle est à une activité, ou chez le médecin. Des rendez-vous sont manqués, faute d'avoir pu les lui rappeler.
Elle n'a pas voulu d'un téléphone fixe dans sa chambre. Elle aime les lettres, mais une lettre ne sert à rien quand il faut la joindre vite. Quand on lui a demandé comment on pourrait la joindre, elle a répondu qu'elle ne savait pas.
Vous appelez, et ça sonne dans le vide. Vous rappelez une heure plus tard. Toujours rien.
Vous ne demandez pourtant pas grand-chose : pouvoir la joindre, lui dire que vous passez, lui rappeler un rendez-vous. Entendre sa voix.
Et elle vous répond que c'est le téléphone qui ne marche pas. Elle n'a pas complètement tort : pour elle, cet appareil ne fonctionne plus.
Question 2
Le problème est qu'on a mis entre ses mains un objet dont l'utilisation est démesurée.
Prenez un dictionnaire dont les mots ne seraient plus classés par ordre alphabétique. À quoi vous servirait-il, s'il vous fallait une heure pour trouver un mot ?
Ce n'est peut-être pas que votre parent a oublié comment se servir de son téléphone. Il est noyé sous les informations : des icônes partout, des couleurs, des textes de toutes les tailles.
Ce n'est pas tant le téléphone qui est compliqué que le fait d'y retrouver une chose simple : le bouton dont il a besoin, perdu au milieu du reste. Au bout de quelques minutes, chercher devient épuisant, et stressant.
Ce n'est donc pas simplement une question d'âge, de dextérité ou d'intelligence.
Et dans tout ce qui l'encombre, beaucoup ne lui sert pas. Votre parent n'a pas besoin des réseaux sociaux, ni de ses e-mails.
Question 3
Ma réponse à cette petite-fille tient en deux mots : simplifiez tout.
C'est le conseil que j'écrirais en rouge pour tout parent : ce qui ne lui sert pas quitte l'écran d'accueil.
Les retirer de l'écran d'accueil n'est pas les supprimer : elles restent dans le téléphone. Votre parent ne voit plus que ce dont il se sert, et son écran devient plus confortable à regarder.
Question 4
Un iPhone simple : pas un premier prix, ni un matériel bas de gamme. Votre parent mérite un matériel de qualité.
Il ne s'agit pas non plus de choisir le dernier téléphone sorti. Il s'agit de partir de ses besoins.
Et les appareils présentés comme conçus pour les personnes âgées ? Attirants sur l'étiquette, ils sont souvent coûteux, déconnectés des besoins simples de votre parent, et limités.
La meilleure technologie, c'est celle que vous maîtrisez vous-même, car vous transmettez ce que vous savez faire avec facilité.
Si vous ne savez pas utiliser un appareil au quotidien, comment pourriez-vous le lui expliquer ? Choisissez de préférence un modèle que vous connaissez, puisque c'est vous qui le lui expliquerez.
Question 5
Le son, justement. Ma belle-mère a 89 ans. Quand elle a un problème de son sur son téléphone, c'est dans 99 % des cas parce qu'elle a appuyé sur le bouton qui baisse le volume en tenant le téléphone.
C'est l'une des premières erreurs d'un parent avec un téléphone. En le tenant contre son oreille, il appuie sur le bouton du volume et coupe le son pendant l'appel. Puis il vous dit qu'il n'entend rien.
Montrez-lui les deux boutons du volume, sur le côté. Laissez-le essayer lui-même, plusieurs fois, autant de fois qu'il le faudra.
Dites-lui aussi qu'il ne peut rien casser : il peut appuyer sur tous les boutons qu'il veut. Quand on a peur de mal faire, on finit par ne plus rien toucher.
Question 6
Le téléphone ou WhatsApp, et rien d'autre : dites-le à la famille et aux amis qui l'appellent. WhatsApp, parce que ses enfants, ses petits-enfants et ses proches l'utilisent probablement déjà.
Et YouTube ? Pour son plaisir. Pour qu'un parent se serve d'une technologie, il doit y voir un intérêt immédiat.
Ne cherchez pas des applications, mais des émotions simples. De quoi a-t-il besoin pour parler à son petit-fils, pour écouter ses musiques préférées ? Mettez-lui une chanson de son enfance.
S'il clique par erreur sur les publicités et perd sa vidéo, l'abonnement sans publicité règle la question.
Puis viennent la patience, la répétition, la routine. On ne naît pas pédagogue : on le devient en avançant avec patience, en répétant.
Si dans six mois il ne sait toujours pas ouvrir YouTube, rassurez-le, encouragez-le, guidez-le avec douceur.
Ce que ça ne fait pas : je ne promets pas qu'il décrochera à chaque appel, ni qu'aucun rendez-vous ne sera plus manqué. Et s'il ne veut pas de ce téléphone, rien ne vous oblige à le forcer « pour son bien » : votre parent est un adulte, 👉 il a le droit de refuser vos propositions.
J'ai consacré un chapitre de 👉 Au Secours ! Qui va prendre soin de mes parents ? à cette question : « Mon parent et les technologies ».
Le geste le plus concret tient en quelques minutes, dès que vous avez son téléphone en main : ne laissez que quatre applications sur l'écran d'accueil, et montrez-lui les deux boutons du volume.
Le petit changement est là : cesser de croire qu'il a oublié, et retirer ce qui l'encombre.
Ce que vous pouvez y gagner : du temps et de l'énergie, des appels qui aboutissent, des rendez-vous que l'on peut lui rappeler, des visites que l'on peut annoncer.
Ce que votre parent y gagne : un téléphone qu'il comprend, la voix des siens, et le plaisir d'une chanson de son enfance.
Ce guide peut servir à toute la famille, et aux amis qui l'appellent. Vous pouvez le leur transmettre, pour que chacun passe par le téléphone ou WhatsApp.
Et chez votre parent, combien d'applications s'affichent sur l'écran d'accueil ? Dites-le-moi : 👉 contact@editions-ausecours.fr

Auteur : Yvan Keyna
| # | Fait cité | Lien |
|---|---|---|
| 1 | Les appareils et les applications présentés comme conçus pour les personnes âgées, limités ; ni le dernier téléphone sorti, ni un téléphone de mauvaise qualité ; partir de ses besoins : le livre, « Mon parent et les technologies », pages 70 à 76 | 👉 Au Secours ! Qui va prendre soin de mes parents ? |
| 2 | Le parent noyé sous trop d'informations ; la meilleure technologie est celle que vous maîtrisez ; quatre à cinq applications au plus, les autres retirées de l'écran d'accueil sans être désinstallées : le livre, « Mon parent et les technologies », pages 70 à 76 | 👉 Au Secours ! Qui va prendre soin de mes parents ? |
| 3 | Le bouton du volume pressé contre l'oreille pendant l'appel ; la peur de casser : le livre, « Mon parent et les technologies », pages 70 à 76 | 👉 Au Secours ! Qui va prendre soin de mes parents ? |
| 4 | WhatsApp, que la famille utilise déjà ; un intérêt immédiat pour le parent ; la patience, la répétition et la routine ; on devient pédagogue en avançant ; le parent est un adulte, il a le droit de refuser nos propositions : le livre, « Mon parent et les technologies », pages 70 à 76 | 👉 Au Secours ! Qui va prendre soin de mes parents ? |
Quand il dit que son téléphone est cassé, il n'a peut-être pas oublié comment s'en servir : il est noyé sous les informations, des icônes partout, des couleurs, des textes de toutes les tailles. Le bouton dont il a besoin se perd au milieu du reste, et chercher devient épuisant. Pour lui, l'appareil ne fonctionne plus.
Quatre applications visibles sur l'écran d'accueil : le téléphone, WhatsApp, YouTube, les contacts. Les autres se retirent de l'écran d'accueil, sans être supprimées : elles restent dans le téléphone.
C'est l'une des premières erreurs d'un parent avec un téléphone : en le tenant contre son oreille, il appuie sur le bouton du volume et coupe le son pendant l'appel. Montrez-lui les deux boutons du volume, et laissez-le essayer lui-même, autant de fois qu'il le faudra.
Un matériel de qualité, de préférence un iPhone simple : ni un premier prix, ni le dernier téléphone sorti. Les appareils présentés comme conçus pour les personnes âgées sont souvent coûteux, déconnectés de ses besoins simples, et limités. Choisissez de préférence un modèle que vous savez utiliser vous-même, puisque c'est vous qui le lui expliquerez.
Ce qui met le plus de temps à revenir, après une immobilisation même courte, ce n'est presque jamais l'articulation opérée.
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